Gauthier Grumier, devenu champion par accident
Saison 1 • Épisode 302 juin 2026

Gauthier Grumier, devenu champion par accident

Une conversation avec Gauthier Grumier

Gauthier Grumier

Mon père me laissait dormir dans mon couffin à la salle d'armes. J'étais bercé par le son des lames.

Gauthier Grumier a commencé l'escrime à trois ans. Son père, maître d'armes, n'avait pas les moyens de le mettre à la crèche, alors il l'emmenait à la salle, le posait dans son couffin, et le laissait s'endormir au bruit des lames. Le même père qui, paradoxalement, ne voulait surtout pas que son fils fasse de l'escrime : pas question de mettre une balle de tennis au-dessus du berceau. Ce serait le choix de l'enfant, ou rien. L'enfant a choisi.

Réservé, presque maniaque de la propreté, Gauthier trouve dans l'escrime une langue à lui : un sport de combat qui se livre à distance, une façon de s'affronter sans se toucher, de tout dire sans rien dire. Le reste, il le raconte comme une partie de jeu vidéo. On débloque un niveau, puis le suivant, sans plan, sans préméditation. L'INSEP à dix-huit ans, Pékin 2008 vécu depuis les tribunes, un déclic en observant l'état d'esprit des autres, et soudain trois Coupes du monde, numéro un mondial. "Par accident", dit-il, parce que tout s'est joué à une touche.

Puis Londres 2012 : neuf minutes, une défaite au premier tour, zéro médaille pour la France, et la honte. Il faudra presque deux ans, une dispute fondatrice avec son entraîneur et beaucoup de lâcher-prise pour qu'il revienne. Parti 77e mondial en début de saison, il termine 7e, puis reprend la place de numéro un mondial qu'il ne lâchera plus. À Rio en 2016, il décroche le bronze en individuel, une médaille qu'il considère comme de l'or, et l'or par équipe. Dans cet épisode de Vive la vie, Gauthier raconte ce chemin qui n'a rien de linéaire, la face cachée des sacrifices familiaux, et pourquoi, devenu entraîneur à Hong Kong, il se lève chaque matin en se disant que c'est une belle vie.

Ce qu'on aborde

  • L'enfance dans la salle d'armes, bercé par le son des lames, et le père maître d'armes qui refusait de le forcer
  • L'escrime comme langage pour un homme réservé : s'affronter à distance, se livrer sans dire
  • Le haut niveau "par accident" : débloquer les niveaux un par un, sans plan de carrière
  • Pékin 2008 depuis les tribunes : le déclic en observant l'état d'esprit des autres athlètes
  • Londres 2012, neuf minutes et la honte : perdre au premier tour quand tout un pays attend une médaille
  • La reconstruction : la dispute en larmes avec son entraîneur, le deuil, et l'objectif Rio fixé à rebours
  • Rio 2016 : le bronze individuel qui vaut de l'or, et l'or par équipe
  • La face cachée du haut niveau : les enterrements manqués, la famille mise de côté
  • Devenir entraîneur à Hong Kong : optimiser l'humain, rester une éponge, et vivre la vie tous les jours

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Transcription

Merci d'avoir écouté cet épisode de Vive la vie.