C'était le côté un peu sauvage, un peu brut, un peu animal du mouvement qui m'appelait.
Tout commence près de Saint-Raphaël, à Roquebrune, au moment où ses parents se séparent. Andréa Catozzi a dix ans, beaucoup de temps pour lui tout seul, et des premiers freezes de hip-hop appris dans sa chambre parce qu'une tante lui a glissé que "c'était cool". Puis viennent les films d'arts martiaux, les acrobaties qu'il commence enfin à remarquer, et un choc : un capoeiriste dans Le Grand Tournoi, puis Only the Strong avec Mark Dacascos, une cassette qu'il loue chaque jour pendant un an jusqu'à ce qu'on finisse par la lui donner. Ce qui le saisit, c'est cette manière féline d'atterrir, ce côté animal du geste. Sans cours autour de lui, il s'entraîne seul trois ans durant, avec un simple DVD pour seul professeur.
Quand des cours de capoeira ouvrent enfin du côté de Fréjus, il y va tous les jours, du lundi au samedi, et son professeur devient une sorte de second père. À dix-sept ans, la Compagnie Parallèle le repère et le fait basculer du mouvement pur vers l'artistique. À dix-neuf ans, il quitte la fac en plein cours d'anglais, vide sa chambre étudiante et annonce à sa mère qu'il tente sa chance dans le spectacle. Paris, le festival d'Avignon, puis 2012 : l'Eurovision aux côtés d'Anggun et un passage à Incroyable Talent, porté par l'urgence du "c'est maintenant ou jamais". Avec le temps, l'acrobatie cesse d'être le cœur de son travail pour devenir une épice, saupoudrée au service de l'émotion et de l'intention.
Il y a eu l'accident, aussi : écrasé sous un bloc de béton de cinq cents kilos, le genou qui encaisse tout, puis une sciatique et une hernie discale qui le clouent près de deux ans et redéfinissent entièrement son rapport au corps. Il y a eu, à l'inverse, la passerelle Debilly aux JO de Paris, masqué, sous une pluie battante, une torche qui glisse comme une savonnette et manque de lui échapper. Dans cet épisode de Vive la vie, Andréa raconte comment on passe de la performance pure à la quête de sens, comment on apprend à durer plutôt qu'à se cramer, et pourquoi écrire une pièce avec celle qu'il aime lui a rendu le plaisir d'être, simplement, sur scène.
Ce qu'on aborde
- Les premiers freezes de hip-hop, seul, dans le sillage de la séparation de ses parents
- Le choc Only the Strong : une cassette louée chaque jour pendant un an, jusqu'à la posséder
- La capoeira comme premier amour, et le professeur devenu second père
- Le décrochage de la fac à dix-neuf ans, en plein cours, pour tenter le spectacle
- 2012, l'année charnière : l'Eurovision avec Anggun et l'urgence de percer tout de suite
- L'acrobatie reléguée au rang d'épice, au service de l'intention et de l'émotion
- Les JO de Paris : la torche, la pluie et la peur de tout lâcher sous le masque
- L'accident, le corps écrasé, et la longue reconquête (genou, sciatique, hernie)
- Ego Sapiens, la pièce écrite avec Joséphine, et le plaisir de bouger retrouvé
